LA SCIENCE moderne de l’esprit ! Que de choses se rassemblent sous ce pavillon ! Combien de choses s’y trouvent réunies et combien s’y opposent aussi !
C’est un champ de foire où se mêlent recherches sérieuses, savoirmédiocre, vastes projets, vanité et bêtise, bien souvent aussi une vaine vantardise et plus encore un sens des affaires dénué de scrupules. Il n’est pas rare que dans tout ce chaos fleurissent l’envie et une haine sans bornes qui aboutit finalement à une soif de vengeance sournoise de la plus vile espèce.
Dans ces conditions, comment s’étonner que tant de gens fuient tous ces comportements insensés par crainte d’être intoxiqués à leur contact ! Et ils n’ont pas tout à fait tort, car d’innombrables adeptes des sciences spirituelles ne montrent vraiment rien d’engageant et encore moins d’attirant dans leur attitude ; tout en eux incite plutôt autrui à la plus grande prudence.
Il est singulier que l’ensemble du domaine de la science dite « de l’esprit » – souvent confondue par des personnes malveillantes ou ignorantes avec la science des esprits – soit encore considéré aujourd’hui comme une sorte de zone franche où chacun a le droit d’agir à sa guise en faisant n’importe quoi sans rencontrer d’obstacle, sans frein et impunément.
Ce domaine n’est que considéré comme tel. En effet, l’expérience a déjà bien souvent montré qu’il n’en est pas ainsi !D’innombrables pionniers en la matière, qui furent assez imprudents pour se risquer à faire quelques pas dans leurs recherches en s’appuyant sur un savoir uniquement imaginaire, devinrent les victimes impuissantes de leur insouciance. La seule chose à déplorer à cet égard est que toutes ces victimes aient succombé sans que cela ait pu apporter quoi que ce soit à l’humanité !
À vrai dire, chacun de ces cas aurait dû être la preuve que la voie sur laquelle on s’est engagé n’est pas la bonne, puisqu’elle n’entraîne que des dommages, voire la perdition, mais aucune bénédiction. Et pourtant, on reste sur ces voies erronées avec une singulière opiniâtreté, en faisant sans cesse de nouvelles victimes. On s’exclame à chaque grain de poussière que l’on découvre comme un fait nouveau, bien qu’il soit évident dans la grande Création, et l’on écrit d’innombrables traités qui ne peuvent que rebuter
bon nombre de chercheurs sérieux parce qu’un tâtonnement incertain y est nettement perceptible.
Toutes les recherches effectuées jusqu’ici doivent en réalité plutôt être qualifiées de jeux dangereux avec un arrière-plan de bon vouloir.
Le domaine de la science de l’esprit, que l’on considère comme une zone franche, ne pourra jamais être abordé impunément tant que l’on ne sera pas en mesure de tenir compte au préalable des lois spirituelles dans toute leur étendue. Qu’elle soit consciente ou inconsciente, toute opposition à ces lois, c’est-à-dire toute « inobservance » de ces mêmes lois – qui équivaut à une transgression – doit, en raison de l’inévitable rétroaction, frapper l’être téméraire, frivole ou étourdi qui ne les respecte pas rigoureusement ou se montre incapable de les observer.
Vouloir explorer ce qui n’appartient pas au terrestre avec des moyens et des possibilités terrestres revient à abandonner seul dans une forêt vierge un enfant immature, qui n’est pas encore familiarisé avec les dangers du monde terrestre, alors que seule une personne équipée en conséquence, disposant de toutes ses forces et faisant preuve d’une grande prudence, peut avoir une chance de s’en sortir indemne.
Il n’en va pas autrement de nos jours pour les spiritualistes modernes avec leurs méthodes actuelles de travail, même s’ils croient agir avec beaucoup de sérieux et si, uniquement par amour du savoir, ils prennent de grands risques afin d’aider les hommes à progresser au-delà d’une limite qu’ils attendent de franchir depuis bien longtemps.
Tels des enfants, ces chercheurs se tiennent aujourd’hui encore devant cette limite, impuissants, tâtonnants, ignorants des dangers qui peuvent à tout moment fondre sur eux ou s’abattre sur d’autres par leur intermédiaire lorsque leurs tentatives hésitantes ouvrent une brèche dans le rempart naturel qui les protège, ou une porte que beaucoup feraient mieux de laisser fermée. On ne peut qualifier tout cela que d’inconscience et non d’audace, tant que ceux qui veulent avancer ainsi ne sont pas absolument certains de pouvoir maîtriser instantanément tout danger éventuel, non seulement
pour eux-mêmes mais aussi pour autrui.
Les plus irresponsables de tous sont les « chercheurs » qui se livrent à des expériences. Il a déjà été fait allusion à maintes reprises au crime de l’hypnose. * Quant aux chercheurs qui se livrent à des expériences sous d’autres formes, ils commettent dans la plupart des cas la faute regrettable – sans le savoir, sinon ils n’agiraient certainement pas ainsi – de plonger d’autres personnes très sensibles ou douées de médiumnité dans un sommeil magnétique, ou même hypnotique, pour les rapprocher des influences physiquement invisibles du monde de « l’au-delà », dans l’espoir de pouvoir entendre ou observer différentes choses, ce qui ne serait pas possible si le sujet d’expérimentation en question jouissait de sa pleine conscience diurne.
Dans au moins quatre-vingt-quinze pour cent des cas, ils exposent ainsi ces personnes à de grands dangers qu’elles ne sont pas encore de taille à affronter ; car toute intervention artificielle quelle qu’elle soit, faite à des fins d’approfondissement, est un asservissement de l’âme, et pareille intervention lui fait acquérir de force une sensibilité dépassant celle que lui permettrait son évolution naturelle.
La conséquence en est que la victime de ces expériences se trouve soudain psychiquement sur un terrain où elle est dépouillée de sa protection naturelle par suite de cette intervention artificielle, ou bien face
auquel elle ne jouit pas d’une protection naturelle qui, elle, ne peut résulter que d’une évolution intérieure saine et personnelle.
Un tel être est digne de pitié : il faut se le représenter comme attaché nu à un poteau, tel un appât exposé en pleine zone dangereuse dans le but d’attirer sur lui la vie et l’activité encore inconnues de ce lieu, et même de les laisser agir sur lui afin qu’il puisse en rendre compte ou que diverses manifestations deviennent également visibles à d’autres grâce à son concours, par le biais de certaines substances physiques émises par son corps. Grâce à la liaison que son âme ainsi projetée en avant est obligée de maintenir avec son corps terrestre, un tel sujet d’expérimentation est capable de communiquer par moments comme par téléphone et de transmettre au spectateur tout ce qui se passe.
* Conférence : « Le crime de l’hypnose »
Or, si la sentinelle ainsi artificiellement mise en avant subit à cette oc casion une attaque quelconque, elle n’est pas en état de se défendre, faute de protection naturelle. Elle est abandonnée à son sort, sans secours, parce qu’elle n’a été poussée qu’artificiellement, et avec le concours de quelqu’un d’autre, sur un terrain qui ne correspond pas encore à son propre degré d’évolution ou qui n’est aucunement le sien. Quant au soi-disant chercheur qui, dans sa soif de savoir, l’a envoyée jusque-là, il ne saurait davantage lui venir en aide puisque, étant lui-même étranger et inexpérimenté sur le plan d’où vient le danger, il ne peut rien entreprendre en vue d’une quelconque protection.
C’est ainsi que les chercheurs deviennent des criminels sans le vouloir et sans pouvoir être traduits en justice sur le plan terrestre. Mais cela n’empêche pas les lois spirituelles d’exercer leurs effets rétroactifs dans toute leur rigueur et d’enchaîner le chercheur à sa victime. Maint sujet d’expérimentation a subi des attaques de matière subtile qui, avec le temps et souvent même très rapidement, voire instantanément,
affectent également son corps de matière dense si bien qu’il en résulte une maladie physique ou la mort, mais le préjudice porté à son âme n’en est pas réparé pour autant.
Quant aux observateurs qui se disent chercheurs et qui poussent leurs victimes dans des régions inconnues, ils sont la plupart du temps, lors de ces dangereuses expériences, bien à l’abri sur le plan terrestre grâce à la protection que leur offrent leur corps et leur conscience diurne. Il est rare qu’ils soient mis en danger en même temps que les sujets d’expérimentation, et donc qu’ils en soient eux-mêmes immédiatement touchés. Mais à leur mort terrestre, au moment de passer dans le monde de
matière subtile, en raison de leur enchaînement à leurs victimes, ils seront de toute façon contraints de se rendre à l’endroit où celles-ci auront éventuellement été entraînées, et ce n’est qu’ensuite qu’ils pourront reprendre avec elles une lente remontée.
Toutefois, le fait de projeter artificiellement une âme dans un autre domaine ne veut pas forcément dire que l’âme quitte le corps et s’envole vers une autre région. Dans la plupart des cas, elle reste tranquillement dans son corps. Le sommeil magnétique ou hypnotique ne fait que lui conférer une sensibilité anormale, si bien qu’elle réagit à des influences et à des courants beaucoup plus subtils que ceux qu’elle pourrait ressentir dans son état normal.
Il va de soi que, dans cet état anormal, elle ne dispose pas de toute la force dont elle jouirait par ailleurs si, grâce à son évolution intérieure, elle était parvenue d’elle-même jusque-là et si, ferme et assurée, elle se tenait de ce fait sur ce sol nouveau et plus subtil en opposant une force équivalente à toutes ces influences.
Par suite de ce manque de saine force intégrale naît une inégalité qui, du fait de cette intervention artificielle, ne peut qu’engendrer des perturbations. Il s’ensuit que toutes les intuitions sont obligatoirement troublées, ce qui donne lieu à des déformations de la réalité.
Ce sont invariablement les chercheurs qui, par leur intervention préjudiciable, sont eux-mêmes à l’origine de rapports inexacts et d’innombrables erreurs. Voilà aussi pourquoi, parmi les nombreuses choses ayant déjà fait l’objet de « recherches » dans le domaine occulte, tant de points ne sauraient concorder avec une rigoureuse logique. Il y a là d’innombrables erreurs qui, jusqu’à présent, n’ont pas encore pu être reconnues comme telles.
En suivant ces voies manifestement fausses, on ne trouvera absolument rien qui puisse apporter quelque profit aux êtres humains ou leur être tant soit peu bénéfique.En réalité, seul peut être profitable aux hommes ce qui les aide à s’élever, ou du moins leur en montre le chemin, mais en ce qui concerne ces expériences, c’est totalement exclu, dès le départ, et à jamais !
Néanmoins, par une intervention artificielle, un chercheur est parfois capable de faire sortir une personne sensible ou douée de médiumnité de son corps terrestre de matière dense, pour la faire pénétrer dans le monde de matière subtile qui lui est le plus proche, mais il n’est pas en mesure de la faire parvenir, ne serait-ce que de l’épaisseur d’un cheveu, plus haut que le plan auquel elle appartient de toute façon, conformément à son état intérieur.
Par cette intervention artificielle, il n’est même pas capable de l’amener jusque-là, il ne peut jamais l’amener que dans l’environnement le plus proche de tout ce qui est terrestre. Or, dans cet environnement qui est le plus proche du plan terrestre, ne peut se trouver que la partie de l’au-delà qui est encore étroitement liée à la Terre et qui, dans sa médiocrité, ses vices et ses passions, reste enchaînée à la Terre.
Évidemment, il arrive de temps à autre que des êtres un peu plus évolués séjournent passagèrement dans cet environnement. On ne peut toutefois s’attendre à ce que ce soit toujours le cas. Pour des raisons purement conformes aux lois naturelles, ce qui est élevé ne saurait se trouver à ce niveau. L’univers s’écroulerait plutôt, ou bien… il faudrait alors que se trouve dans un être humain une base qui puisse servir de support à l’ancrage de la Lumière !
Qu’une telle base puisse être fournie par un sujet d’expérimentation ou l’un de ces chercheurs tâtonnants n’est guère vraisemblable. Le danger et l’inutilité de toutes ces expériences subsistent donc. Il est également certain qu’un être réellement plus élevé ne peut s’approcher d’un médium, et encore bien moins s’exprimer par son intermédiaire, sans la présence d’un être humain très évolué qui purifie tout ce qui est de nature plus grossière. Des matérialisations provenant des sphères plus élevées n’entrent aucunement en ligne de compte, à plus forte raison lors de ces amusements tellement appréciés que sont, entre autres, les coups frappés et les déplacements d’objets.
Le fossé est beaucoup trop grand pour être franchi d’emblée. Même en présence d’un médium, toutes ces manifestations ne peuvent être exécutées que par des êtres de l’au-delà qui sont encore très étroitement liés à la matière. S’il pouvait en être autrement, donc si ce qui est de nature plus élevée pouvait entrer aussi facilement en contact avec l’humanité, le Christ n’aurait nullement eu besoin de se faire homme, Il aurait tout aussi bien pu remplir sa Mission sans ce sacrifice.* Or, les êtres humains d’aujourd’hui ne sont certainement pas plus évolués intérieurement que du temps où Jésus vivait sur Terre, si bien que l’on ne saurait croire qu’une liaison avec la Lumière soit plus facile à établir qu’en ce temps-là.
Il est vrai que les spiritualistes disent que leur but est avant tout de constater qu’il y a une vie dans l’au-delà, notamment que la vie continue après la mort terrestre, et qu’en raison du scepticisme qui règne partout actuellement il faut avoir recours à de puissants arguments de choc, donc à des preuves physiquement tangibles, pour battre en brèche les positions défensives de l’adversaire. Leurs justifications ne sauraient toutefois excuser le fait que des âmes
* Conférence : « Le Rédempteur »
humaines se trouvent constamment mises en jeu avec une telle insouciance ! D’ailleurs, il n’est absolument pas nécessaire de vouloir convaincre à tout prix des adversaires malveillants ! Il est bien connu que ces derniers ne seraient pas disposés à croire, même si un ange venait directement du ciel pour leur annoncer la Vérité. Après son départ, ils prétendraient même qu’il s’agissait d’une hallucination collective et non d’un ange, ou bien ils trouveraient quelque autre prétexte. Et s’il se présentait quelque chose ou quelqu’un qui reste sur Terre – c’est-à-dire qui ne disparaît pas ou ne devient pas invisible – il y aurait encore d’autres échappatoires, justement parce que ces faits seraient alors trop terrestres pour ceux qui ne veulent pas
croire à un au-delà.
Ils n’hésiteraient pas à qualifier une telle preuve de supercherie ou à faire passer cet être humain pour un exalté, un fanatique ou un imposteur. Qu’il s’agisse donc de faits trop terrestres, ou non terrestres, ou même des deux à la fois, ils trouveront toujours matière à critiquer et quelque chose à mettre en doute. Et lorsqu’ils ne savent absolument plus comment se tirer d’affaire, ils salissent tout, passent même à des attaques plus violentes et n’hésitent pas à recourir à la brutalité.
Il n’y a donc pas lieu de faire des victimes pour convaincre des gens de cette espèce ! Et encore moins pour un grand nombre de soi-disant adeptes. En raison de leur croyance en la vie de l’au-delà, une croyance le plus souvent obscure et fantaisiste, ils s’imaginent en une présomption étrange pouvoir exiger de « voir » ou de « vivre » eux aussi quelque chose. Ils attendent de leurs guides des signes de l’au-delà en récompense de leur docilité.
Les attentes qui sont les leurs, et qui sont pour eux évidentes, de même que leurs sourires condescendants et suffisants qui affichent leur ignorance manifeste, ont souvent un effet vraiment ridicule. C’est du poison
que de vouloir de surcroît faire des démonstrations à ces foules. En effet, puisque ces gens s’imaginent être si savants, de telles expériences ne représentent pour eux guère plus que des heures de distraction bien
méritées, au cours desquelles des êtres de l’au-delà jouent le rôle d’artistes de variétés.
Mais laissons à présent ces grandes expériences pour nous tourner vers les petites, telles que les tables tournantes, qui sont loin d’être aussi in offensives qu’on le croit. En raison de l’extrême facilité avec laquelle
elles peuvent se propager, elles sont au contraire extrêmement dangereuses !
Chacun devrait être mis en garde contre elles ! Les initiés ne peuvent que se détourner avec horreur lorsqu’ils voient avec quelle légèreté ces choses sont traitées. Bon nombre d’adeptes cherchent dans bien des cercles à montrer leur « savoir » en proposant de faire des expériences avec les tables
tournantes ou en présentant dans les familles, avec des sourires ou de mystérieux chuchotements, un exercice qui est devenu presque un jeu et qui consiste à utiliser des lettres et un verre, ou tout autre accessoire sur lequel on pose légèrement la main ; l’objet en question se déplace alors ou se trouve attiré vers différentes lettres, ce qui forme des mots.
Tout cela s’est développé avec une rapidité inquiétante jusqu’à devenir les jeux de société auxquels on s’adonne avec des rires, des railleries et parfois d’agréables frissons. C’est ainsi que, journellement, des dames d’un certain âge, et d’autres plus jeunes, se réunissent en famille – ou même seules – autour d’une petite table, devant des lettres tracées sur un morceau de carton. Autant que possible, ces lettres doivent même avoir une forme bien particulière afin que la mise en scène qui stimule l’imagination ne fasse pas défaut, ce qui d’ailleurs est parfaitement inutile en pareil cas, puisque tout irait aussi bien sans cela, pour peu que les personnes concernées aient quelque inclination pour ces choses. Et elles sont légion !
Les spiritualistes modernes et les dirigeants des sociétés occultes s’en réjouissent, car de véritables mots et phrases sont ainsi formés, auxquels l’exécutant n’avait pensé ni consciemment ni inconsciemment. Il ne pourra donc qu’être convaincu, et il viendra grossir le nombre des adeptes de « l’occultisme ».
Des écrits à tendance occulte en font mention, des conférenciers défendent cette cause, on fabrique et l’on vend des accessoires qui facilitent toutes ces aberrations. C’est ainsi que, dans leur quasi-totalité, les oc cultistes se révèlent être d’efficaces suppôts des ténèbres, et cela en étant sincèrement convaincus d’être des prêtres de la Lumière !
Ces faits à eux seuls prouvent déjà la totale ignorance qui est à la base des tentatives occultes de ce genre ! Ils montrent que, parmi tous ces gens, aucun n’est réellement voyant ! Il ne faut pas considérer comme preuve du contraire que quelque bon médium se soit formé en débutant de la sorte, ou plus exactement qu’un bon médium y ait temporairement été associé à ses débuts.
Les rares êtres humains qui, dès l’origine, sont destinés à ces choses jouissent, au cours de leur propre évolution naturelle, d’une tout autre protection qui veille avec soin sur chaque étape, ce dont les autres ne bénéficient nullement. Mais cette protection n’agit qu’en cas d’évolution naturelle et personnelle, sans aucune intervention artificielle ! Car il va de soi que seul ce qui est naturel peut bénéficier d’une protection.
Dès que la moindre intervention entre en jeu qu’il s’agisse d’exercices pratiqués par l’intéressé lui-même, ou bien de sommeil magnétique et d’hypnose provoqués par quelqu’un d’autre – cela cesse d’être naturel et ne cadre donc plus entièrement avec les lois de la nature qui sont seules en mesure d’assurer une protection. Que vienne encore s’y ajouter l’ignorance, si répandue aujourd’hui, et le résultat est désastreux.
Le vouloir à lui seul ne remplacera jamais les compétences quand il s’agit de passer à l’action. Or, nul ne doit outrepasser ses compétences. Il n’est évidemment pas exclu que parmi les centaines de milliers de
personnes qui s’adonnent à ces jeux dangereux, il y en ait de temps à autre une qui s’en sorte vraiment impunément et bénéficie d’une bonne protection. En outre, beaucoup sont atteints sans que cela soit encore perceptible sur le plan terrestre, et ce n’est qu’après leur passage dans l’au-delà qu’il leur faut soudain reconnaître quelles sottises ils ont en réalité commises. Mais nombreux sont également ceux qui subissent un préjudice déjà visible sur le plan terrestre, même s’ils ne parviennent jamais à en reconnaître la véritable cause durant leur vie terrestre.
Voilà pourquoi il faut que soit expliqué le processus qui, lors de ces amusements, se déroule dans la matière subtile et dans le spirituel. Comme tout dans la Création, il est simple. Il est loin d’être compliqué tout en étant, là encore, plus grave que beaucoup ne se l’imaginent.
Dans l’état actuel de la Terre, ce sont les ténèbres qui, en raison du vouloir de l’humanité, ont pris le dessus dans tout ce qui est matériel. En conséquence, dans tout ce qui est matériel, elles se trouvent pour ainsi dire sur un sol qui leur appartient et leur est familier, ce qui leur permet de se manifester pleinement dans la matière. Elles y sont donc dans leur élément et luttent sur un terrain qui leur est connu. C’est pourquoi, dans tout ce qui est matériel, et donc de matière dense, elles sont pour le moment plus fortes que la Lumière.
Il en résulte que, dans tout ce qui est matériel, la force des ténèbres est plus puissante que celle de la Lumière. Or, au cours de ces amusements que sont entre autres les tables tournantes, la Lumière, donc ce qui est élevé, n’entre absolument pas en ligne de compte. Tout au plus pouvons-nous parler de ce qui est mauvais, et donc sombre, et de ce qui est meilleur, et donc plus clair.
Si quelqu’un se sert d’une table, d’un verre ou d’un quelconque objet dematière dense, il se place automatiquement sur le champ de bataille qui est familier aux ténèbres, c’est-à-dire sur un terrain qui appartient à tout ce qui est ténébreux. Il leur donne ainsi de prime abord une force contre laquelleil ne peut se protéger suffisamment.
Considérons à présent une séance spirite, ou bien tout simplement le jeu de société pour lequel on utilise une table, et suivons ce qui se passe sur le plan spirituel, ou plus exactement au niveau de la matière subtile. Lorsqu’une ou plusieurs personnes s’approchent d’une table avec l’intention d’entrer par son intermédiaire en contact avec des êtres de l’au-delà, soit que ces derniers se manifestent par des coups frappés, soit ce qui est plus fréquent qu’ils aient à faire bouger la table de manière à pouvoir former des mots à partir de ces signes, c’est en premier lieu ce qui est ténébreux qui, en raison du recours à la matière, se trouve attiré et se charge des manifestations.
Avec beaucoup d’adresse, les êtres de l’au-delà utilisent souvent des paroles grandiloquentes et, comme ils peuvent lire facilement les pensées des êtres humains, ils essaient de répondre dans le sens voulu par ces
derniers mais, pour les questions sérieuses, ils les induisent invariablement en erreur par la suite, et si cela se répète, ils tentent de les soumettre peu à peu à leur influence qui ne cesse de croître, les entraînant ainsi, lentement mais sûrement, vers le bas. Ce faisant, ils font croire très adroitement à ces
égarés qu’ils progressent vers le haut.
Or, s’il arrive dès le début, ou à une occasion quelconque, qu’un parent ou un ami décédé s’exprime par l’intermédiaire de la table, ce qui est très fréquent, la tromperie est encore plus facile à réaliser. Les personnes présentes reconnaîtront que c’est effectivement un ami bien précis qui se manifeste, et elles croient ensuite que c’est toujours lui lorsque certaines phrases sont transmises par l’intermédiaire de la table, et que l’ami en question est nommé comme en étant l’auteur. Mais tel n’est pas le cas ! Non seulement les ténèbres, toujours aux aguets, utilisent adroitement ce nom pour donner à leurs mystifications une apparence de crédibilité aussi grande que possible et gagner la confiance de ceux qui les interrogent, mais cela va même si loin qu’un être ténébreux peut intervenir au milieu d’une phrase commencée par l’ami véritable, pour la terminer délibérément de façon fausse. Il se produit alors
un fait que l’on connaît mal, à savoir que deux êtres ont participé à l’énoncé d’une phrase nette et bien enchaînée : d’abord l’ami véritable et peut-être très clair, donc plus pur, puis un être ténébreux et malveillant, et cela sans que la personne qui interroge ne s’aperçoive de quelque chose.
Il est facile d’en imaginer les conséquences. Celui qui avait confiance est trompé et ébranlé dans sa foi. L’adversaire, lui, en profite pour renforcer ses railleries et ses doutes, allant même parfois jusqu’à attaquer violemment la cause entière.
En réalité, ils ont tort tous les deux, ce qui doit uniquement être mis sur le compte de l’ignorance qui règne encore sur l’ensemble de ce domaine. Toutefois, ce processus se déroule avec le plus grand naturel : si un ami véritable, un ami plus clair, s’est approché de la table pour répondre au désir de celui qui interroge et pour se manifester, et si un être ténébreux s’in terpose alors, l’ami plus clair est contraint de s’en écarter, puisque l’être plus ténébreux peut déployer une force plus grande grâce à la table dont la substance matérielle sert d’intermédiaire, tout ce qui est matériel étant actuellement le domaine proprement dit des ténèbres.
La faute en incombe à l’être humain qui crée dès l’abord un terrain inégal en optant pour des objets matériels. Ce qui est compact, lourd, et donc ténébreux, est par sa densité déjà plus proche de la matière dense que ce qui est lumineux, pur et plus léger et peut déployer une force plus grande en
Catégorie : Connaissances | article publié le : 01 janvier 2019